1er DHAP - J2
Bonjour,
Je ne sais pas si je dois appeler ce jour J2, ou 3, puisqu'ils m'ont fait venir un jour avant, pour m'hydrater. Aurais-je préféré qu'on m'impose une telle quantité d'eau à boire chez moi, mais qu'on me laisse hors perfusion? Je pense, oui.
Pour l'instant, tout se passe très bien. Je suis presque à bout de l'injection de 24 heures de cisplatine, et je ne sens rien, pas la moindre nausée, pas la moindre gêne, mais seulement la sacro-sainte fatigue hospitalière (quoique je n'ai fait, hier, que dormir).
Je me demande aussi, si cette impossibilité de me concentrer sur des livres qui, chez moi, me faisait rugir de plaisir tant ils étaient bons à lire, et sur lesquels je n'arrive, aujourd'hui, presque pas à déchiffrer une ligne (ou plutôt, je la déchiffre, j'en comprends le sens, mais je m'en fous), ne vient du constant retour sur moi que j'ai. Impossible de me laisser prendre, et toujours la conscience que je suis branché à cet arbre, qui est branché au mur, que je ne suis pas chez moi, que dans 2 heures on change ma chimiothérapie, que je ne sais pas bien à quelle heure je rentrerai demain, etc, m'en empêche.
Cela dit, pour l'instant, le DHAP, par rapport au BEACOPP, c'est de la blague. Cela dit, aussi, il paraît que l'après DHAP risque d'être un peu plus violent, puisque mon CV chimiothérapique commence à être celui d'une cadre senior dynamique, et que c'est mon 3e protocole en six mois, mon corps va commencer à dire qu'il en marre, d'où, peut-être, quelques respousteries tardives.
Mais, nous verrons, pour l'instant, c'est de la blague, le personnel est adorable, mon compagnon de chambre et moi échangeons les banalités d'usages: "Ah, vraiment, ça change la vie hein" - "Ah oui, eh puis ça tombe d'un coup, comme ça, moi j'étais à X, en vacances, et tout à coup, j'ai eu des sueurs nocturnes, et etc..." - "Ah oui, je comprends moi, etc." Enfin, vous voyez, un compagnon agréable.