Le Bide.
Toujours pas de nouvelles. Toujours malade en sortie d'autogreffe, un peu faiblard, un peu flemmard, un peu choqué par ce que je viens de vivre (certes, j'aime être seul, mais trois semaines dans une chambre, attaché à un poteau roulant, tout de même), et effaré de devoir y retourner le 18 Août.
Mes prises de sang sont bonnes, cela dit, et ne relèvent pas "d'infections caractéristiques" d'après l'Interne. En somme, je suis malade, mais je vais bien. M'okay.
J'ai oublié de vous dire - j'avais cherché cette information avant mon passage en autogreffe - que j'ai perdu mes cheveux 4 ou 5 jours après la greffe. Enfin, ils partaient vraiment, et la barbe aussi, la rupture était inévitable, j'ai préféré prendre les devant: j'ai tout rasé à blanc. Je n'ai donc plus que mes merveilleux sourcils pour soutenir que c'est encore un visage. Je vous dis s'ils se font la malle (eux, par contre, hors de question de les raser, je serais plutôt à les recoller).
Sinon, j'ai oublié, durant mon hospitalisation, de vous mentionner mon bide hospitalier de l'année. Pourtant aguerri à faire des blagues sur le cancer qui ne font rire que moi, et quelques proches, je me suis heurté ici à un mur. L'histoire est courte, et pour la raconter, je m'appellerais Jules - à l'instar des magasines féminins à la mode il y a quelques années. Attention, ça va vite:
"Bonsoir! Christine, infirmière de nuit!
- Bonsoir! Jules: cancéreux à plein temps."
Et là - des tonnes de silence.