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1er DHAP: J-16

15 Février 2013 , Rédigé par A.B. Publié dans #3615 mon protocole, #reflexions

La prise de sang est bonne.

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Cependant, j'ai senti une boule, à l'endroit même où mon Hodgkin avait décidé de clignoter de nouveau au dernier TEPscan, c'est-à-dire au ganglion sus-claviculaire droit. C'est sur la circatrice, et un peu au dessus, tandis que l'opération a eu lieu il y a un mois.
J'appelle donc mon médecin référent. Ses réponses, je les aime, et vous les aimerez aussi:
1°) Ou bien Hodgkin continue à me bouffer sans égard pour le DHAP. Loulz.
2°) Ou bien Hodgkin m'a bouffé ce ganglion avant le DHAP, qui fait son travail lentement.
3°) Ou bien il s'agit du tissu cicatriciel.

Dans tous les cas:
1°) Une auscultation ne sert à rien, puisqu'on ne peut pas distinguer avec sûreté, à la palpation, le reste d'une extraction et un nouveau ganglion
2°) Même si c'était un ganglion, nous ne sommes qu'à la moitié du traitement DHAP.
3°) Il faut donc attendre le prochain TEPscan, c'est-à-dire un mois, pour que je sache si, oui ou non, cette saloperie de crabe est en train de me bouffer de l'intérieur pendant que le DHAP me bouffe de l'extérieur.

Mon médecin référent me conseille, très calme, de ne pas trop m'en inquiéter, puisque de toute façon, ça ne changera rien au déroulement des opérations: on finit le DHAP. Puis de me dire que, là, elle n'est pas vraiment disponible, et elle me dit qu'on verra ça à ma prochaine cure.

Que j'aime cette finesse psychologie, cette empathie, qui se résume en:
"Ouep, il se peut que ça ne marche pas, mais on a un protocole. Donc n'ai pas peur, puisque de toute façon, que ça marche ou pas, tu vas boire la coupe jusqu'à la lie. Et d'ailleurs, pourquoi m'appeler, il suffit d'attendre le TEPscan qui est dans un mois."

`C'est vrai qu'en tant que cancéreux, le mois d'attente pour attendre le TEPscan, quand on a une boule qui semble indiquer que ça va briller comme Las Vegas la nuit, est une vraie sinécure, et que je vais sans doute dormir comme un enfant sous lexomile, me réveiller tard, pouvoir me concentrer sur mes livres, et aimer la Nature, sans songer à la mort, au TEPscan positif, au changement de protocole en vue d'une greffe de moëlle, au lieu d'une autogreffe. C'est vrai qu'attendre un TEPscan, dans un mois, pour savoir si cette boule, c'est de la chair qui cicatrise, ou de la mort qui s'étend, ça ne me fait pas chier du tout, et que j'adore ça, attendre un pronostic vital.

Vous admirerez mon calme: je ne l'ai même pas insulté dans le billet présent.

Édition: A noter que j'emmerde royalement le principe de vérité chez les médecins. Oui, il faut dire la vérité, toute la vérité. Ne pas dire à un homme condamné à quelques mois qu'il peut dire à ses enfants qu'il les rejoindra en Guadeloupe l'an prochain, ne pas dire à une dame qui le cancer des os qu'elle est juste tombé un peu fort, et que ça résonne dans son squelette. Mais putain de bordel de merde, un peu d'optimisme, de temps en temps, ça n'est pas mentir, mais aider le patient. Dire, quand on attaque un putain de troisième protocole, après deux échecs: "Oui, ça peut ne pas marcher... mais on en est pas là... il y a aura un autre scénario - Lequel? - On en est pas là Monsieur X... Rien ne sert d'en parler."
Eh bien, ou tu me dis que ça va marcher, et tu sais que je ne suis pas assez con pour le croire entièrement, mais que ça me fait du bien de l'entendre, que je vais vivre, ou bien tu me dis ce qui se passe si ça ne marche pas. Mais laisser la porte entr'ouverte sur un avenir énigmatique et fait de "on verra, pas le moment d'en parler", c'est une crasse infecte.

Je hais ces conneries de: "Ça peut arriver". Lorsque j'ai eu ma thrombose, un con d'interne m'a dit, le sourire aux lèvres, qu'avec une piqûre par soir, il y a des chances pour que ça se stabilise, que ça regresse... ou que ça s'aggrave... auquel cas on devrait m'enlever le PAC... et me le remettre de l'autre côté... et que c'était douloureux. Bon. Ça sert à quoi? Tu me dis de faire ma piqûre, tu me dis qu'il n'y a aucune raison pour que ça empire, et tu me laisses rentrer chez moi en me disant pas: "Tiens, chouette, j'ai une chimio, la nausée, le ventre en vrac, et si ça se trouve, dans trois jours, je retourne à l'hôpital pour une double opération."

Je ne pense pas que le principe de vérité soit le principe d'exhaustivité. Et qu'un peu de putain d'optimisme de la part de nos référents, dans un milieu où l'on sait tous, on le sait par coeur, on les sait par tripes serrées, qu'on peut y passer, et qu'on risque d'y passer, ne nous ferait pas de mal, et ne contreviendrait pas à la déontologie médicale.

Bordel.

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