Autogreffe: J8
Si je vous dis qu'hier, lorsque j'écrivais le billet précédent, c'était entre deux salutations distinguées (mais vaines, hélas), à la faïence de la cuvette, vous me croyez sans peine; et vous avez raison.
Le Melphalan a tapé comme jamais aucune chimiothérapie n'avait tapé. Pendant l'injection, rien. Puis une très forte fatigue, qui se transforme en très forte nausée. Impossible, pour autant, de rendre, puisque les anti-émétiques vous en empêchent. Vous vous retrouvez donc à faire des allers-retours entre votre fauteuil et la cuvette, sans noter aucune amélioration, puisqu'impossibilité de vomir.
C'est passé au bout de 3 heures. Et ça a laissé place à une sorte d'euphorie: j'en ai fini avec les chimiothérapies émétisantes. Désormais, je n'ai plus qu'à affronter une aplasie, et la petite chimio de l'allogreffe. Cool.
La mucite s'est franchement déclaré aujourd'hui. Je ne pensais pas du tout que ça ressemblait à ça. C'est uniquement ma bouche qui est prise, pour l'instant. J'ai l'impression d'avoir une langue qui pèse trois tonnes, ultra-sensible, dans une cavité à vif; l'intérieur des joues, les gencives, le palais. Tant que je ne parle pas, je n'ai pas mal. Mâcher est très compliqué; je vais opter pour un régime soupe et silence. Ca va faire monastique.